Single "Terra Querida" de Poplitê

 En écoute ici dans un bel article pour FIP.



Eu pisei na pedra, a pedra gemeu

a água tem veneno querido, quem bebeu morreu

- quero bem mais não posso te amar

Àgua tem veneno, o rio gemeu

o cel caiu, já chorou querido, meu sonho morreu

- te escuto bem mas não posso te salvar

Lascive montagne, tous te croyaient immuable

- C'est irrémédiable, ma course devient fatale.

Au creux de ton ventre se verse une volupté

- Sous l'eau galopante il nous faut nous soulever

O cel já caiu, meu arvore gemeu

pássaros tremem você ouviu ? só pedras crescem

- eu luto bem mas não posso te curar

Pássaros tremem, a minhoca gemeu

não tem mais terra para dançar : eu pisei na pedra

Les esprits cailloux, les insectes besogneux,

nous glisserons ensemble

dans un mouvement périlleux.

Végétaux timides et minuscule femme vallée

- Nous nous bercerons, la montagne est notre alliée

Terra querida, você tá doente

mas eu nao posso te abandonar…


J’ai marché sur la pierre, la pierre a gémi
l’eau est empoisonnée, chérie, qui en a bu est mort
- Je veux bien mais je ne peux pas t’aimer
L’eau est empoisonnée, le fleuve a gémi
le ciel est tombé, tu as déjà pleuré, chéri, mon rêve est mort
Je t’écoute bien mais je ne peux te sauver
Le ciel est déjà tombé
mon arbre a gémi, les oiseaux tremblent as-tu entendu ?
Seules les pierres poussent
je lutte bien mais je ne peux te guérir
les oiseaux tremblent, le ver de terre a gémi
il n’y a plus de terre pour danser : j’ai marché sur la pierre
Terre chérie, tu es malade mais je ne peux pas t’abandonner


Terra Querida
Paroles et musique traditionnelles
“Eu pisei na pedra” + couplets et air additionnels
d’Anaïs Vaillant. Cette adaptation fait référence
aux écrits des penseurs  brésiliens autochtones
Davi Kopenawa (La chute du ciel)  et Ailton Krenak
(Idées pour retarder la fin du monde)



"Notre époque s'est spécialisée dans la création du manque : de sens pour la vie en société, de sens pour l'expérience de la vie elle-même. Cela engendre une très grande intolérance à l'égard de quiconque est encore capable d'éprouver le plaisir d'être en vie, de danser, de chanter. Et il y a plein de petites constellations de gens éparpillés dans le monde qui dansent, chantent, font tomber la pluie. Le genre d'humanité zombie que nous sommes appelés à intégrer ne tolère pas tant de plaisir, tant de jouissance de la vie. Alors, il ne leur reste, comme moyen de nous faire abandonner nos propres rêves, qu'à prêcher la fin du monde. Ma provocation concernant les idées pour retarder la fin du monde suggère très exactement ceci : développons nos forces à pouvoir toujours raconter une histoire de plus, un autre récit. Si nous y parvenons, alors nous retarderons la fin du monde (...) Cela fait 500 ans que les Indiens résistent, à cet instant ce qui me préoccupe davantage, ce sont les Blancs, comment eux vont-ils faire pour s'en sortir ? »

Extraits de Idées pour retarder la fin du monde de Ailton Krenak, éditions Dehors, 2020 (édition française).




Rentrée, expositions et retours de l'été

Le Chant des Masques, la création de masques sonores co-réalisée avec Cécile Février et en collaboration avec Péroline Barbet, s'installe à L'Orbise, musée d'art contemporain à Pont d'Hérault, dans le cadre d'une grande exposition collective intitulée "L'embarras du Soi". À découvrir tous les samedis jusqu'en août 2027 (fermeture décembre, janvier, février).




Et c'est aussi l'occasion de revenir sur une autre exposition intitulée "Carnavals" pour laquelle j'ai pu réaliser un petit film de médiation avec le Musée de Bretagne à Rennes en 2024-2025. Cette vidéo est actuellement en place au Port-Musée à Douarnenez jusqu'en novembre 27 dans l'exposition "Faire les gras, le goût de la fête à Douarnenez", j'y parle de moralisation de carnaval (peut-on / doit-on moraliser le carnaval ?) pensée de façon carnavalesque et dialogique, comme un débat entre l'anthropologue et ses masques antagonistes. En visionnage ici !




Et pour les oreilles, voici un florilège des rendez-vous de l'été.

Vous pouvez écouter "Réveillé.es par la Vieille", table ronde que j'ai eu la chance d'organiser avec les Rencontres chantées du Galeison en juin 2026. La captation et la mise en ligne est assurée par le collectif Forêt Noire, à découvrir par ici.

La radio live et expérimentale du Festival Comboros est aussi en écoute par ici (émission du dimanche), réalisée et animée avec Elisa Trebouville, c'est Radio Combo !

Et bientôt, c'est la rentrée d'Ethno-Vibro, l'effet social total, mon émission mensuelle de sciences sociales alteracadémiques toujours sur Radio Escapades. À suivre...


Implantação de Poplitê, c'est l'heure !



Nous sommes tellement heureuses d'être arrivées à fabriquer cette musique, ce disque, ces textes, cet univers de lutte et de fête, de colère et de joie !

Notre album est accompagné d'un magnifique livret avec les paroles, les traductions, de légères notes documentaires, le tout mis en page par Cléo Lefebvre et Cahuate Milk.

Le samedi 26 septembre : le dernier concert à 5 pour la release party augmenté d'héroïnes supplémentaires (qui nous avaient rejoint en studio l'automne dernier) ainsi que d'un autre concert fabuleux À partir des trobairitz de Rita Macedo, Juliette Minvielle et André Minvielle. Emotion !

Après le départ vers d'autres aventures musicales de Lise Dieumegard, nous continuons l'aventure de Poplitê à 4 musiciennes pour la prochaine saison de concerts.



Poplitê pollinise les rondes, sème les mots, fait germer les chœurs et plante la fête. Notre album Implantação prend le voyage attendu à contre-pied : ce sont bel et bien les effluves du Nordeste qui arrivent ici jusqu’à nous, façonnés par la garrigue. Du Brésil, vous en reconnaîtrez la langue, le rythme, la force poétique et politique, vous en découvrirez des personnages, des esprits, des plumes et des luttes. Nous en apprenons chaque jour l’esprit de résistance, la joie et le débordement. Nous ne pouvons pas faire « comme », nous ne racontons pas de « comme si », nous empruntons un chemin à la fois aérien, souterrain, maritime et urgent qui nous mène vers l’écriture, la magie et la guérison. Nos chansons dessinent les parties visibles d’îles profondes et nécessaires, constituées d’amitiés et de colères, de mouvements et d’ancrage, de pensées nouvelles et d’insoumission. Implantação figure les promesses d’un terreau fertile, composé d’accueil et de soulèvements communs. Tem que levantar poeira !